La médecine esthétique : on en parle beaucoup et de plus en plus

Véritable phénomène de société, elle déclenche de nombreuses propositions se voulant toujours novatrices. C’est pourquoi il est temps de se demander « qui peut faire, ou même qui doit faire ? ». Si de nombreux médecins ont déjà adhéré, certains s’interrogent encore, avant de passer à l’action.

Le point de départ de cette réflexion est l’appellation elle-même, « médecine esthétique » qui les interpelle. « L’esthétique » disent-ils « ce n’est pas pour moi ! C’est pour les esthéticiennes ! ». En fait il eut mieux valu, dès le départ, nommer cette nouvelle activité « médecine complémentaire ». Mais alors, pourquoi « médecine » me direz-vous ? Les gens en demande ne sont pas malades ! Et pourtant ils le sont et si vous saviez comme ils souffrent !

Dès les années 50, l’O.M.S. nous donnait comme définition du mot santé : « La santé est un état de bien-être complet physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » Aujourd’hui cette définition est toujours d’actualité. Il faut savoir que la demande du public est composée de toutes ces pathologies morales et qu’une personne souffrant d’une disgrâce corporelle est aussi malheureuse que celle qui supporte un mal physique. Donc, la prise en charge de ces personnes revient de droit au corps médical. Le législateur l’a bien compris puisque dès les années 60 il décrétait par exemple, que l’épilation autre qu’à la pince ou à la cire, était réservée aux seuls médecins !

Peu de praticiens le savent ! Et la preuve en est que les esthéticiennes qui sont avant tout opportunistes, ont pris tous les risques pour utiliser lumière pulsée et autre lasers ! La réflexion qu’il est courant d’entendre est celle-ci : « Je n’ai pas fait 10 ans d’études pour faire des épilations ! » et pourtant, si le législateur en a décidé ainsi, c’est parce qu’il sait combien peut-être dangereuse une technique lumière pulsée ou laser pratiquée par un non médecin…

Alors réfléchissons ensemble : si les dermatos sont montés au créneau dans les premières années en disant : « La peau, c’est nous ! »et si ils ont la réputation d’être en première ligne, il faut savoir que le corps médical tout entier peut se mobiliser pour se positionner face à la demande. Bien sûr, certaines spécialités sont à écarter : les cancérologues, radiologues, psychiatres, etc… qui n’oublient pas qu’ils doivent se limiter à leurs spécialités.

Mais dans la pratique de cette médecine dite « esthétique », nous y trouveront statistiquement parlant, les médecins généralistes bien sûr, mais aussi les gynécologues qui grâce aux techniques dont ils peuvent s’équiper, pourront proposer à toutes ces dames d’améliorer leurs silhouettes, les ORL, les ophtalmologistes qui pourront prendre en charge les rides ou ridules de leurs patientes, les nutritionnistes qui pourront prolonger leurs conseils en proposant la possibilité d’éliminer graisses, bourrelets etc… Un vrai bonheur pour leurs patientes ! Un vrai bonheur tout court, car le médecin va vivre ce genre d’activité avec la même passion que celle qu’il éprouve dans sa médecine traditionnelle. Et le comble, c’est que même les dentistes y viennent, en finalisant les effets de leurs terrifiantes roulettes par des injections d’acide hyaluronique !