Extrait enrichi de la conférence du Dr François Alamigeon, Docteur en physiques appliquées et médecin esthétique en juillet 2017.

Vous ne connaissez peut-être pas le Dr Suzanne NOËL. Elle est pourtant la première chirurgienne esthétique. Inventrice de techniques encore utilisées de nos jours, cette pionnière de l’esthétique, née à Laon (Aisne) en 1878 était d’une incroyable modernité. Elle avait à cœur de réparer les visages et les corps meurtris ou simplement les remodeler en fonction des standards de beauté de l’époque – peu de poitrine, des jambes et hanches fines – tout ceci grâce à une parfaite maîtrise de la micro chirurgie sous anesthésie locale. Une prouesse pour l’époque.
Ses patientes (journalistes, secrétaires, opératrices téléphoniques ou femmes aisées) arrivaient avec leurs petites tenues de l’époque, enlevaient leur chapeau et quelques incisions plus tard repartaient la peau remodelée, le chapeau à nouveau sur la tête. Hallucinant ! N’oublions pas également que cette femme remarquable a corrigé les résultats du lifting, de Sarah Bernhardt, l’une des actrices françaises les plus populaire du XIXe siècle surnommée « la voix d’or » par Victor Hugo. Sarah Bernhardt fut en 1912, la première personne à demander un lifting au chirurgien américain Charles Miller et Suzanne Noël s’attacha à corriger le résultat de ce lifting. Mais derrière ce travail médiatisé, Suzanne Noël a également remodelé le visage des « poilus » de la première guerre mondiale, des résistants recherchés par la Gestapo pendant la 2nde et effacé les traces de leur déportation aux rescapés des camps.

La jeune médecine esthétique

Ne l’oublions pas, la médecine esthétique n’a commencé qu’en 1909 avec la cosmétique de L’Oréal, petite entreprise, devenue groupe international incontournable. Petit à petit, les patients intéressés par les techniques novatrices de l’esthétique et de l’anti-âge ont vu apparaître le collagène, le silicone et le botox. Puis, au fil des décennies, les inventions de techniques utilisant les aiguilles se sont multipliées, comme la mésothérapie. Dorénavant il y a d’autres techniques sans aiguille, ni bistouri que certains médecins n’aiment pas car le médecin, s’il ne pique pas, il n’est pas content ! Forcément, l’arme du médecin est la piqûre. L’arme du chirurgien c’est le bistouri. Pourtant ils ont désormais à leur disposition de nombreuses techniques et appareils performants, non invasifs.
Nous avons vu apparaître ces dernières années des appareils de lumière pulsée, de LED, de radiofréquence et de cryolipolyse. En même temps que notre connaissance de l’anatomie et que notre savoir dans le domaine de la physiologie cellulaire s’améliore, nous sommes devenus de moins en moins invasifs. Nous sommes de plus en plus performants avec les traitements non invasifs, et en même temps moins chers et sans danger. Tout ceci ne l’oublions pas, grâce à des pionniers et des pionnières comme Suzanne Noël.

Dr François ALAMIGEON